Affaire des cyber-criminels au Bénin et au Togo

Béatrice

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http://observers.france24.com/fr/20180418-togo-benin-cyber-criminels-gaymen-vrai-faux

Affaire des cyber-criminels au Bénin et au Togo : le vrai du faux
18/04/2018

Des images montrant des hommes battus par la foule, voire brûlés et tués, circulent depuis début avril sur les réseaux sociaux togolais et béninois. Selon les internautes, il s’agirait de cybercriminels béninois – appelés "gay-men" – pris pour cible au Togo. Sauf que rien ne prouve qu’il s’agisse de cyber-criminels, bien que certaines scènes de violence se soient réellement produites. Entre rumeurs et faits avérés, la rédaction des Observateurs de France 24 fait le point sur la situation.

"Gay-men" est un terme utilisé au Bénin pour désigner les cyber-criminels, des individus cherchant à escroquer les internautes, souvent à partir de cyber-cafés. Leur mode opératoire varie : arnaques à l’héritage, promesses d’une "bonne affaire", etc. Il ne s’agit donc pas d’homosexuels. Mais ce terme pourrait venir d’une pratique connue depuis les années 2000, consistant à utiliser des forums et sites de rencontre homosexuels à des fins d’extorsion.

Selon une étude publiée en 2017 par Interpol et Trend Micro (une société japonaise développant des logiciels de sécurité), les activités cyber-criminelles sont en forte augmentation en Afrique de l’ouest, et ciblent souvent les étrangers.

PLUS DE 200 ARRESTATIONS DE CYBER-CRIMINELS AU BÉNIN DEPUIS MARS
Au Bénin, la cyber-criminalité inquiète les autorités depuis plusieurs années. Mais la répression s’est accrue récemment, puisque la police béninoise a arrêté "220 à 230 personnes" soupçonnées de réaliser des escroqueries sur Internet depuis mars, selon Sacca Lafia, le ministre de l’Intérieur, avec l’aide d'Interpol.

Hilaire Kodjoh, journaliste freelance béninois, explique ce qui a motivé ces arrestations :

L’objectif n’est pas seulement de lutter contre les escroqueries, car les victimes des "gay-men" ne sont généralement pas béninoises. Ce qu’on reproche réellement aux "gay-men", ce sont les crimes rituels auxquels certains se livrent, qui sont nombreux actuellement.

CYBER-CRIMINELS ET PRATIQUES OCCULTES
De fait, certains cyber-criminels béninois ont recours au vaudou, une religion issue de cultes animistes africains, encore très présente au Bénin, afin de maximiser leurs chances de succès. Mais cette religion comporte parfois des pratiques occultes. Le vaudou "kinninssi", une divinité censée aider à devenir riche rapidement, implique ainsi de réaliser différents rituels, notamment des sacrifices humains.

Sacca Lafia, le ministre béninois de l’Intérieur, confirme le lien entre ces pratiques occultes et certains cyber-criminels :

Même s’ils sont minoritaires, certains "gay-men" ont recours à des fétichistes et peuvent tuer des personnes. Or, entre février et mars, il y a eu trois,quatre assassinats : les victimes ont été vidées en partie de leur sang, qui a probablement été utilisé pour des crimes rituels. Ces assassinats ont inquiété la population, qui a fait le lien avec les "gay-men", donc la police s’y est intéressée. [Des images macabres ont également été diffusées sur les réseaux sociaux, NDLR.] Des arrestations ont alors eu lieu, et depuis, les assassinats ont diminué. [France 24 n’a pas pu vérifier cette dernière affirmation, NDLR.]

PSYCHOSE AU TOGO
Les récentes arrestations au Bénin ont poussé certains cyber-criminels à fuir vers le Togo voisin, ce qui a provoqué l’inquiétude de la population locale. Mais 13 d’entre eux ont rapidement été arrêtés par la police togolaise, selon Sacca Lafia, avant d’être remis à la police béninoise début avril.

Ces arrestations n’ont toutefois pas suffi à apaiser la population togolaise. Une véritable psychose a ainsi vu le jour, notamment sur les réseaux sociaux.

Selon le site d’informations Togo-Online, un audio indiquant que des "gay-men" auraient tué de nombreux enfants à Kpalimé, une ville située dans le sud-ouest du Togo, a ainsi circulé sur WhatsApp début avril, accompagné de photos macabres. Une information non fondée selon ce média. Notre rédaction a d’ailleurs reçu trois de ces photos : en utilisant Google Images, nous avons pu constater qu’elles étaient anciennes et provenaient du Nigeria ou encore du Bénin......
 
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