Genève - Eric Stauffer en justice contre Facebook!

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[paste:font size="6"] Eric Stauffer en justice contre Facebook!
Réseaux sociauxLe député voit ses photos personnelles illustrer la vie d’un inconnu. Il tente de les faire retirer. Sans succès.

Page facebook de Martin Villeneuve avec des photos volées à Eric Stauffer. Image: DR

Par Marc Bretton 16.06.2016

Cela n’arrive qu’à lui. A la fin de mai, le député Eric Stauffer, siégeant désormais en indépendant, reçoit un courrier de Facebook. L’entreprise lui annonce que son logiciel de reconnaissance visuelle a repéré… son portrait sur la page d’un inconnu. L’ex-président d’honneur du MCG tombe des nues. Puis il constate que six images où il pause avec sa femme, sa fille, le député Carlos Medeiros et le conseiller national Roger Golay – avec lequel il entretenait alors une chaleureuse relation – ornent la page d’un certain Martin Villeneuve. Ce dernier se prétend agent de transit domicilié à Reims, mais ni son adresse ni son identité réelle n’ont pu être confirmées. Affirmant être né à Toulon, l’homme présente ces images comme étant celles de sa vie à lui. Il les réinterprète à sa guise. Ainsi, la photo d’Eric Stauffer et de son épouse devient: «Pose (sic) déjeuner avec ma collègue de service. Formidable journée.»

Malgré un message, l’homme n’a pas répondu hier à nos questions. Il s’agit probablement d’un canular, car sa page n’est pas très fournie. Martin Villeneuve s’intéresse un peu au football et compte deux amis en tout, dont l’un agrémente sa page d’une pétition pour les chiens et de diverses affirmations, dont la suivante: «Etre con n’est pas une condition, mais un état transitoire.»

Eric Stauffer n’apprécie guère. Il demande donc à Facebook d’intervenir et de faire retirer les clichés, arguant d’une usurpation de son identité. Impavide, l’entreprise répond: «Nous avons examiné le profil que vous avez signalé et avons déterminé qu’il n’allait pas à l’encontre de nos standards de la communauté.» La réponse ne se fait pas attendre: «Vous plaisantez? C’est une usurpation d’identité constitutive d’une violation du Code pénal! Sans nouvelles de votre part dans les 24 heures une plainte pénale sera déposée! Sur la photo de profil il s’agit de moi, il y a ma maman, mes cousins et amis! Il y a aussi mon fils!» Et de réclamer, en attendant un jugement sur le fond, un blocage immédiat de la page. C’est l’étude Canonica et Associés qui s’y colle. La tâche n’est pas simple et pour l’instant le Tribunal de première instance a refusé d’ordonner les mesures superprovisionnelles demandées sans entendre la version de l’entreprise, basée en Irlande.

En réalité, les usurpations d’identité sont relativement courantes dans le monde virtuel. En France, on en recenserait environ 200 000 par an. En Suisse, ce délit n’est pas sanctionné en tant que tel. Il faut passer par d’autres voies juridiques, comme l’atteinte à la personnalité.
 
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