Suisse: Il me forcait à me toucher tous les soirs sur internet

Lioness1

Banned
Vaud
29 mars 2016 07:01; Act: 29.03.2016 11:31 Print

«Il me forçait à me toucher tous les soirs sur internet»
par Francesco Brienza - Une jeune femme a subi les menaces d'un pervers sexuel sur Skype. La police met le paquet pour lutter contre ce fléau.

Elena a réalisé un clip pour prévenir des victimes potentielles. En grand format sur notre portail vidéo

A 18 ans, Elena est une fille pleine de vie qui croit en l’amour. Malheureusement, en été 2014, elle tombe sous le charme d’un homme qui ne partage pas sa candeur. «Je l’ai rencontré sur le Net, raconte-t-elle. Il a le double de mon âge, mais il était gentil et attentionné. Du moins au début...» Car par la suite, le ton a changé. «Il exigeait que je me déshabille devant ma webcam. Que je me touche. J’avais peur, alors je l’ai fait», évoque la Vaudoise, rongée par la culpabilité. Quand elle a voulu dire stop, le chantage a débuté: «Il menaçait de diffuser des vidéos de moi nue à mes amis. C’était horrible, je ne pouvais en parler à personne.»

Une prudence prêchée très tôt à l'école
«On ne sait jamais à qui on a affaire sur le web», rappelle l'officier Jean-Christophe Sauterel. Cette règle de base, les policiers essaient de l'inculquer dans les classes, dès l'âge de 12 ans. «Il est important que les jeunes surveillent leur réputation numérique, indique-t-il. C'est une priorité de notre politique de prévention.» Souvent largués en matière de réseaux sociaux, les parents ont néanmoins un rôle central à jouer, par le dialogue.

En juin 2015, un an après leur premier contact, Elena a eu le courage de bloquer le pervers. Majeure depuis cet hiver, elle envisage enfin de le dénoncer à la police. Elle vient de réaliser une vidéo pour éviter à d’autres de vivre les mêmes nuits d’angoisse: «Aujourd’hui, je ne sais pas si des images de moi circulent. Mais je m’en suis sortie.»

Ces chantages sont courants en Suisse romande. «Ils touchent particulièrement les ados et les jeunes adultes, note Jean-Christophe Sauterel, de la police vaudoise. Ils sont l’œuvre de pervers attirés par des faveurs sexuelles et non par l’argent, comme dans les cas de «sextorsion». C’est encore plus délicat, car une relation de confiance s’installe.» Pour lutter contre le phénomène, la seule solution reste la prévention.
 
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